[EXTRAIT] Les Enfants de Vénus, chapitre 1

Intrigué par le résumé des Enfants de Vénus, mais vous hésitez encore à plonger dans cet univers?

Voici pour vous le premier chapitre du tome 1, afin de vous faire une idée du contenu ;)

Bonne lecture!


1.

En 379 avant V.R., l’hémisphère Nord décida enfin d’ouvrir ses portes aux réfugiés climatiques, après les centaines de milliers de morts causées par la montée des eaux dans les pays submergés. C’est cette même année que fut élue la première présidente de l’Ordre Mondial, un gouvernement planétaire créé pour mettre fin au désastre écologique, dont la politique marqua un tournant dans la lutte contre le réchauffement climatique…

… En 114 avant V.R., la signature du Traité de paix intercontinental mit fin au conflit énergétique qui divisait la planète depuis plus de cinquante ans. Les dirigeantes du Sommet des six continents se dirent prêtes à entamer la construction d’une époque plus pure et plus juste…

… La Révolution de Vénus fut le point de départ d’une nouvelle ère. Après son mythique discours, la plus célèbre des Amazones rassembla toutes ces partisanes et commença à mettre en place le nouveau régime…

… La reine Camilia reprit la tête du royaume de Sàlissa en l’an 223, faisant ainsi prospérer la lignée de Vénus dans l’hémisphère Nord…

Physalis referma le livre et le remit à sa place. Ce n’était pas ce qu’elle cherchait. Même si elle n’avait pas toujours été très assidue à ses leçons d’histoire, elle connaissait par cœur ces passages-là. Elle parcourut du bout des doigts les couvertures des autres ouvrages avec un but bien précis.

La salle des archives était calme à cette heure-ci. Il était tôt, mais déjà, la pièce baignait dans une vive lumière qui perçait à travers la petite fenêtre en hauteur et se répandait sur les murs blancs. Les étagères réparties sur chaque pan de la salle regorgeaient de trésors, comme les archives historiques, mais aussi les traités scientifiques ou les manuels botaniques.

Physalis s’approcha de la section juridique, à la recherche d’un ouvrage qui pourrait répondre à ses interrogations. Elle sortit un livre imposant, dont la couverture était marquée du sceau du royaume : une fleur de lys dans un coquillage. Elle sentit que c’était le bon. Elle le parcourut rapidement et trouva enfin le chapitre qui l’intéressait.

Pour perpétuer la descendance du royaume, la princesse aînée devra enfanter au moins une héritière. La conception pourra commencer à partir de l’âge de vingt ans, et la méthode privilégiée sera celle de l’insémination. La conception avec procréateur ne sera cependant pas exclue, si la princesse est consentante.

Le livre se referma dans un bruit sourd, et Physalis afficha un grand sourire. Elle savait bien qu’elle avait déjà lu ça quelque part ! Et maintenant, elle en avait la preuve. Elle saisit l’ouvrage et sortit à grands pas de la salle des archives, traversant à la même allure le reste de la bibliothèque. En quittant cette pièce qui renfermait tant de savoir, elle eut un sentiment d’ivresse. Elle songea à cette grande Histoire qui avait amené aujourd’hui le monde dans la paix. Elle ressentit le poids de ses responsabilités. En tant que princesse du royaume de Sàlissa, elle serait elle aussi un jour dans ces livres d’histoire. Qu’aura-t-elle apporté à l’humanité ?

Dans ses pensées, la princesse arpentait les couloirs déserts du palais, son livre sous le bras. Elle était vêtue d’une longue robe aux reflets violets et ses cheveux dorés retombaient en liberté sur ses épaules. Même si elle s’était levée tôt, elle avait le teint frais et, désormais, illuminé par sa bonne humeur.

Depuis ses vingt ans, Physalis était tenue de donner une héritière au trône de Sàlissa, mais plusieurs mois passèrent sans qu’elle ne songe à cette priorité. Elle ne se sentait pas prête, ni à être mère, ni à prendre ses responsabilités politiques. Elle rêvait d’autre chose, d’une vie de voyage et de découverte. D’une vie où elle serait libre de ses choix. Aujourd’hui, à sa façon, elle avait décidé de se rebeller.

Physalis s’arrêta devant la porte de la salle du conseil et souffla un instant, s’encourageant intérieurement. Tu n’as pas le choix, alors autant le faire à ta manière… Elle serrait le livre contre elle, comme pour contenir son agitation. Tu dois t’affirmer.

Un homme chargé d’un panier en osier s’engagea dans le couloir, en direction de Physalis. Il marchait d’une allure rapide, visiblement pressé. En passant devant la princesse, l’homme se courba, puis ouvrit la double porte pour entrer dans la salle du conseil. Physalis lui emboîta le pas, emportée par son élan.

Une grande table ronde se trouvait au milieu de la vaste pièce. Comme dans le reste du palais, du sol au plafond, tout était d’un blanc immaculé. La table était faite de marbre et recouverte d’une sorte de vitre qui servait en réalité de surface tactile, reliée à l’ensemble du réseau du palais. Une douzaine de sièges étaient prévus autour de la table, mais seuls trois se trouvaient occupés à cette heure-ci.

La reine semblait absorbée par le document qu’elle visionnait devant elle, au point qu’elle leva tout juste ses yeux bleus à l’arrivée de sa fille. Ses cheveux châtains étaient coiffés d’une tresse plaquée qui dégageait son visage et qui se terminait en chignon serré sur la nuque. Elle se tenait avec droiture et fierté, et imposait le respect par sa prestance.

La conseillère Prunille était assise deux sièges plus loin. C’était une femme très âgée, aux cheveux argentés, qui paraissait toujours fatiguée, mais son visage s’illumina à la vue du panier que transportait l’homme.

— Vous êtes bien matinale, princesse, remarqua Cyclamen en se levant de son siège.

La conseillère lui adressa un sourire, puis indiqua à l’homme de poser le panier sur une petite table près de la porte. Il s’exécuta et se courba à nouveau, avant de quitter la salle. Cyclamen remarqua le livre dans les bras de Physalis et lui lança un regard appuyé.

— Oui, j’avais à faire tôt ce matin, répondit-elle en essayant de garder un ton détaché.

La reine leva soudain la tête et observa sa fille comme pour la jauger. Physalis se dit qu’elle aurait mieux fait de prendre plus soin de sa coiffure ce matin-là, mais sa mère lui sourit avant de replonger dans son document. Rassurée, Physalis décida d’aller s’asseoir à sa place – le siège se trouvait juste en face de la reine – et posa sans bruit l’ouvrage devant elle.

Cyclamen ouvrit le panier en osier, puis se mit à en sortir des corbeilles remplies de cerises, qu’elle prit soin de répartir sur la table du conseil. À la vue de ces fruits, la conseillère Prunille entrouvrit légèrement la bouche. En effet, la couleur vermillon de ces petites billes faisait envie, d’autant que Physalis n’avait pas eu le temps de prendre de repas depuis son réveil.

Petit à petit, la salle se remplit, et bientôt toutes les conseillères se retrouvèrent autour de la table. Les femmes les plus influentes du royaume se réunissaient ainsi tous les mois. Certaines étaient les plus proches conseillères politiques de la reine, d’autres étaient d’éminentes spécialistes dans leur domaine. Artémisia, une grande femme aux cheveux sombres et courts, ouvrit la séance. La responsable de la reproduction des espèces végétales éteintes était optimiste. Après de longs mois de recherche, son équipe semblait avoir trouvé le moyen de recréer une variété de fleurs dont le nom échappa à Physalis. Celle-ci était bien trop déconcentrée par l’idée de devoir prendre la parole à son tour.

Les bonnes nouvelles s’enchaînaient et la fin du conseil approchait. La conseillère Liliacea, qui menait la réunion, demanda si quelqu’un d’autre avait quelque chose à ajouter. Physalis déglutit avec difficulté avant de prendre la parole.

— J’ai une nouvelle à annoncer.

Elle capta instantanément l’attention de l’assemblée. Ces femmes étaient toutes impressionnantes par leur parcours et l’assurance qu’elles portaient sur leurs visages. Physalis se sentit comme une enfant allant avouer sa bêtise, imaginant déjà les reproches qui suivraient.

— Comme nous le savons toutes, je suis en âge d’accomplir mon devoir de procréation, dit-elle en s’efforçant de garder une voix stable et intelligible. En tant que future héritière de ce royaume, ce serait un honneur de prendre cette responsabilité comme une priorité à partir d’aujourd’hui.

Une rumeur parcourut la salle, accompagnée de sourires bienveillants.

— C’est une bonne nouvelle, annonça la reine.

— Cependant, coupa Physalis dans un élan de courage, comme j’en ai le choix, je souhaite accomplir ce devoir…

Elle marqua une pause.

— … avec un procréateur.

Plus un mot. Les femmes de l’assemblée s’échangèrent des regards surpris, choqués pour la plupart. La reine se dressa légèrement sur son siège.

— Comment ça, Physalis ? Tu sais très bien que l’insémination est la méthode naturelle, et c’est la plus sûre pour obtenir une héritière digne de ce royaume…

— Je le sais, en effet, rétorqua Physalis avec toujours plus d’assurance.

— Une princesse doit suivre le protocole. Tu n’as pas le choix, affirma la reine.

— Vraiment ?

— Évidemment. Il en est toujours ainsi pour les dirigeantes de Sàlissa. D’ailleurs, nous en avons déjà discuté, il n’est donc plus la peine de s’étendre sur ce sujet.

Physalis tournait déjà les lourdes pages de l’ouvrage. Elle s’arrêta et pointa du doigt l’article qu’elle avait sous les yeux, avant de commencer à le lire à voix haute.

— … la méthode privilégiée sera celle de l’insémination. La conception avec procréateur ne sera cependant pas exclue, si la princesse est consentante … Voilà ce que dit cet article trouvé dans le Codex du royaume.

Physalis retourna l’ouvrage et le montra au conseil. Les regards se tournèrent ensuite vers la reine. Rien ne laissait transparaître sur le visage de la souveraine, mais son silence en disait long.

— Ce Codex est totalement dépassé, n’est-ce pas ? adressa-t-elle à Liliacea sur un ton confiant.

La conseillère chargée des lois et de la justice cligna des yeux plusieurs fois avant d’arriver à formuler sa réponse.

— Eh bien… Il aurait en effet besoin d’une mise à jour, Votre Majesté. Cependant, il est tout à fait légitime à l’heure actuelle.

Liliacea sembla embarrassée par cette précision. Le visage de la reine se crispa, dans un effort de contenir sa contrariété.

— Quoi qu’il en soit, je ne suis pas d’accord, fit-elle.

La conseillère Cyclamen s’avança un peu sur son siège, captant le regard de la reine.

— Je suis aussi surprise que vous par ce choix, Votre Majesté, concéda Cyclamen, mais il me semble que la décision incombe totalement à notre princesse.

Quelques visages approbateurs vinrent appuyer ces propos. La reine dévisagea l’assemblée.

— Et alors ? Nous la laissons faire ? Que vont penser les femmes du royaume ?

— Qu’elles pensent ce qu’elles veulent, intervint Physalis, décidément pleine d’audace. L’important est le résultat non ? Je donnerai une héritière au trône, à ma façon.

La reine ne put réfréner un soupir agacé.

— Physalis, l’insémination…

— L’insémination n’est pas infaillible. Tu le sais bien.

La remarque vint parachever l’expression vexée de la reine, tel un coup de grâce. Elle observa sa fille droit dans les yeux, le regard chargé d’émotion, et Physalis comprit qu’elle avait gagné pour cette fois. Avec tout le conseil témoin de cette annonce, elle ne pouvait refuser.

— Soit… céda finalement la reine. Puisque c’est cela que tu souhaites.

Physalis retint en elle un sourire de satisfaction.

— Il faudra donc sélectionner avec soin les procréateurs potentiels, poursuivit la souveraine en reprenant de sa stature. Liliacea, pouvez-vous informer les dames de la cité de cette recherche ?

— Entendu.

— Cyclamen, je vous charge à nouveau de veiller sur la princesse durant cette étape, et de l’éclairer comme il se doit dans ses choix. Les choix d’une héritière doivent être dignes du royaume, dit-elle en appuyant sur la fin de sa phrase.

Cyclamen approuva la souveraine d’un signe de tête puis lança un regard en coin à Physalis. Celle-ci savait bien que sa conseillère aurait cherché à la dissuader de se confronter ainsi à la reine. C’était bien pour cela qu’elle ne lui en avait pas parlé avant, et avait dû effectuer ses recherches en toute discrétion.

Cyclamen était responsable de l’éducation de Physalis depuis toujours. Elle était sa conseillère, son instructrice, son mentor… Et au fil des années, elle devint aussi sa confidente. Elle connaissait les défauts de la princesse, elle savait que la jeune femme rêvait de liberté, mais la plupart du temps, elle était très compréhensive et lui laissait faire bien des choses que la reine n’aurait pas approuvées. Seulement là, Physalis n’avait pas su se confier à elle. Pas parce qu’elle n’aurait pas compris ou cherché à la dissuader, mais parce que, cette fois, c’était un chemin qu’elle devait faire seule.

Après une telle déclaration, Liliacea décida de lever la séance du conseil. Il y avait à faire pour préparer la procréation. L’événement allait rapidement être connu dans tout le royaume. La salle se vida petit à petit, avec un brin d’excitation dans les conversations des femmes. La reine passa avec hâte devant Physalis, visiblement décontenancée par cette annonce inattendue. Elle ne lui adressa pas un signe, même lorsque la princesse se leva sur son passage, et elle quitta la salle sans un mot.

Physalis allait reprendre son livre et partir à son tour, quand Cyclamen la coupa dans son élan. La conseillère semblait furieuse. Elle attrapa le Codex, et l’invita avec fermeté à la suivre. Une fois seules dans le couloir, elle s’arrêta.

— Êtes-vous devenue folle ? Pourquoi avoir mis Sa Majesté dans un tel embarras devant tout le conseil ? Et pourquoi ne m’avez-vous pas parlé de tout cela avant ?

— Je sais que cela paraît fou, mais j’ai pris ma décision et je voulais l’assumer seule, expliqua Physalis.

Cyclamen fit rouler ses yeux bruns.

— Un procréateur ? Que vous est-il passé par la tête ? Je sais bien que vous n’êtes pas une princesse comme les autres… mais tout de même !

— Je suis désolée de t’avoir mis dans l’embarras.

Physalis était sincère dans ses excuses. Si elle ne s’inquiétait pas plus que ça pour la réaction de la reine, elle avait bien plus à cœur de ne pas froisser sa conseillère. Cyclamen s’en rendit compte, et elle était bien trop prise d’affection pour la jeune princesse pour rester longtemps fâchée. Elle secoua la tête.

— Non, je sais bien que vous ne pensiez pas à mal… Si vous faites ce choix, c’est qu’il doit y avoir une bonne raison.

Physalis baissa un peu la voix pour se confier à sa conseillère.

— Je sais que certaines ne comprendront pas, mais procréer avec un homme… c’est cela qui me semble naturel.

Cyclamen parut dubitative. Après quelques secondes de silence, elle finit par hausser les épaules puis esquissa un léger sourire.

— Bon. Je vais de ce pas ranger cette précieuse archive, dit-elle en tapant avec vigueur sur le livre, et je viendrai vous trouver plus tard pour régler tous les détails du protocole.

— Merci, soupira Physalis.

Avant de partir, Cyclamen ajouta :

— J’espère que nous aurons ensuite le loisir de discuter de vos opinions, en toute honnêteté cette fois.

— Oui, je l’espère aussi.

La conseillère eut un petit rire puis disparut rapidement au détour du couloir.

Physalis était soulagée. Elle avait tenu tête à sa mère et obtenu ce qu’elle souhaitait. En tant que future héritière de Sàlissa, ce n’était pourtant pas gagné d’avance. Cela devait bien faire trois générations qu’aucune princesse n’avait fait appel à un procréateur…

Physalis décida d’aller se promener dans la cité. Elle avait encore un peu de temps avant d’être assaillie de questions, elle pouvait donc s’éclipser une heure ou deux. Elle connaissait par cœur les chemins à emprunter pour rester discrète. Déjà, elle se dérobait par l’une des portes du palais, échappant à la vigilance de la garde royale, et s’engageait dans une allée voisine.

Le royaume de Sàlissa se situait dans l’hémisphère Nord, aux abords de l’océan. Il était entouré par un immense désert protecteur, dont le seul moyen pour le traverser était le grand Train Blanc qui menait jusqu’à la province des Agoras. Grâce à cette situation, le climat était plutôt tempéré, même si l’on n’y distinguait pas vraiment les saisons. La région abritait la grande cité de Sàlissa, entourée de quelques villages. Quelques provinces éloignées étaient rattachées à son autorité, mais l’essentiel de la population vivait dans la baie de Sàlissa. Malgré sa petite superficie, c’était l’un des royaumes les plus influents du monde, car il avait à sa tête la descendance de Vénus. La célèbre Amazone, celle-là même qui avait changé la face du monde… L’héritage de Vénus se perpétuait dans Physalis, mais son ancêtre lui semblait pourtant terriblement lointaine. Avaient-elles vraiment un quelconque point commun ?

Alors qu’elle arpentait les rues les plus calmes de la cité, se laissant emporter par ses réflexions, Physalis ne croisa que quelques femmes sorties tôt pour profiter de la fraîcheur du matin. Un doux vent marin soufflait par intermittence. Elle aperçut aussi quelques hommes à travers les fenêtres des maisonnées, sans doute en train de s’affairer à préparer le repas du midi.

La cité semblait paisible, et Physalis aimait profiter du silence. Elle tourna au coin d’une petite rue pavée d’où l’on pouvait déjà apercevoir l’océan. En s’approchant du coin de plage isolé, elle retira ses sandales et plongea ses pieds dans le sable chaud. Elle marcha un peu, avant de s’asseoir face à l’étendue d’eau. Quelques petits flotteurs, des sortes de bateaux blancs à propulsion hydraulique, semblaient planer dans la baie, avançant avec fierté au-dessus de l’eau, sans souffrir du mouvement des vagues. Au loin, bien au-delà de ces engins modernes, un grand bateau en bois aux voiles blanches voguait sur l’horizon.

Les pensées de Physalis étaient à présent plus claires. Si elle avait choisi la procréation naturelle, c’était bien parce qu’elle voulait être libre de son corps. Elle qui se sentait en permanence recluse dans ce palais, à qui l’on imposait des protocoles sans jamais lui demander son avis, elle voulait plus que jamais prendre le contrôle de sa vie. Elle était obligée de donner une héritière au trône, alors elle pouvait bien décider de la manière !

Après tout, la plupart des femmes qui souhaitaient enfanter procédaient ainsi. Évidemment, pas dans la haute société, puisque c’était mal vu. Physalis avait bien entendu quelques rumeurs sur certaines femmes du palais qui auraient recours aux services de procréateur, mais ce n’était sans doute que des bruits de couloir. L’insémination coûtait cher, mais elle était rassurante, car elle rendait le hasard génétique plus maîtrisable, et surtout, elle permettait d’éviter l’intimité avec un homme.

Au fil de ses pensées, Physalis finit par se rendre compte que sa décision n’était pas si simple. Elle ne craignait pas les hommes, elle ne les trouvait pas repoussants… mais elle ne les connaissait tout simplement pas. Elle n’était même pas tout à fait sûre de la bonne manière de procréer. À cette idée, elle sentit ses joues s’échauffer.

Elle allait devoir choisir un procréateur, mais sur quels critères ? La beauté ? La robustesse ? Son imagination s’affola. Elle se dit même pendant un court instant qu’elle regrettait son choix, avant de se raviser. Non, elle était sûre d’elle. Sa conviction était profonde, et renforcée par une intuition infaillible. Être intime avec un homme ne devait pas être si effrayant… Une brise légère souleva ses cheveux et un frisson la parcourut. La princesse se redressa puis décida de rentrer au palais, avant que son monologue intérieur ne lui provoque encore plus d’angoisses.


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